Neurosuite
suivi de Le Vide et les Formes
Crédits & contributions
Prix TTC
Margherita Guidaci est née en 1921 en plein centre de Florence, grande ville universitaire et grand foyer de littérature, ville de Dante, mais aussi d’Aldo Palazzeschi et Mario Luzi. Dans son écriture comme dans sa carrière universitaire, elle se tiendra cependant toujours à l’écart de son influence écrasante pour suivre un chemin strictement personnel. Le mois même de ses 18 ans, en avril 1939, l’Italie fasciste envahit l’Albanie. Et c’est aussi pendant la guerre qu’elle fait la découverte déterminante d ’ Emily Dickinson dont elle sera l ’ une des premi è res traductrices en Europe. « C ’ est l ’ exp é rience de la guerre qui m ’ a fait m û rir, avec son atmosph è re de douleur et de terreur et le sentiment omnipr é sent de la mort. » Ce profond sens du tragique demeurera la marque de son œ uvre. Si l’écriture correspond à une urgence vitale, c’est qu’elle donne forme à ce qui n’est que chaos, insignifiance, perte. C’est à l’hôpital psychiatrique que Margherita Guidacci écrit les textes de Neurosuite (1970), textes de la plus extrême détresse, et pourtant d’une limpidité parfaite et presque sereine. Cette tension extrême et cette sorte de détachement, c’est chez Emily Dickinson qu’elle en a trouvé la forme exemplaire. Ce qui la lui rend si chère, dit-elle, « sa puissance de condensation, cet élan qui la fait bondir d’une image à l’autre. » Découvrir Guidacci, c’est découvrir une autre Dickinson, aussi âpre et lumineuse que l’Américaine, mais plus ouverte au monde, plus proche.
