Librairie Blanche

Tristan et Dionysos

par Roberto Ruiz Capellán

Crédits & contributions

EAN

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Après la courte étape des armes, ou apollinienne, les récits tristaniens décèlent une profonde imprégnation dionysiaque. Tristan et Penthée portent des noms de malheur. Marc grimpe sur le pin pour épier une scène érotique, de même que Penthée sur le sapin pour surprendre les orgia des Ménades: l'échec s'ensuit pour l'un et l'autre... Trait essentiel: l'enthousiasme bachique a son pendant dans l'ivresse tristanienne, l'un ayant pour décor le Cithéron sauvage, l'autre la forêt de Morrois. L'amour et le philtre mènent, de même que le délire dionysien, à l'oubli de l'ordre et du devoir et créent un espace et un temps édéniques en marge du monde. La mélancolie de Tristan après l'idylle rejoint l'apathie des bacchants après la transe. Le héros marche d'ailleurs pas à pas vers le nivellement sexuel, l'une des marques du dieu. Remarquons leur vocation poétique et musicale, leur penchant pour la représentation et le déguisement. Enfin, un noyau important de leurs personnalités a trait au déclin solaire et au monde infernal: le dieu quitte son séjour aux Enfers pour se manifester au Marais et, sous des apparences repoussantes, apporte la vie renouvelée en ce monde des vivants. Tristan reproduit successivement les deux termes de l'antinomie que représentaient Apollon et Dionysos dans la simultanéité éternelle. Par le mythe tristanien le Moyen Age parvient à exprimer une certaine notion du dionysiaque que n'aurait pas entièrement désavouée le monde antique.