Images de Diderot en France, 1784-1913
par Raymond Trousson
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La renommée du codirecteur de l'Encyclopédie n'a réellement commencé à se déployer qu'après sa mort et son œuvre, du moins en grande partie, ne préexiste pas à son interprétation. De leur vivant déjà, Voltaire et Rousseau sont de grands écrivains ; Diderot ne le deviendra, lentement et difficilement, qu'au fil de la révélation de textes essentiels demeurés longtemps inconnus. Il n'était donc peut-être pas inutile de proposer un panorama de la «fortune» de Diderot depuis 1784, date de sa mort, jusqu'en 1913, lors de la célébration, dans un climat politique et idéologique tendu, du bicentenaire de sa naissance. C'est en effet au cours de ces quelques cent trente années qu'a eu lieu l'essentiel des débats et des affrontements, parfois passionnés, sur l'importance et le rôle du philosophe de Langres. Rien de moins serein que cette histoire, qui épouse les fluctuations de l'Histoire et se module tant en fonction de la progressive découverte de l'œuvre que par rapport au devenir des idées philosophiques, politiques et religieuses et aux changements de régime. Par-delà Diderot, c'est aussi l'ensemble de la perception des Lumières, célébrées ou mises en accusation, qui est en cause, car le XIXe siècle, de son aurore à son tardif crépuscule, a été grandement préoccupé par son prédécesseur. «M. Diderot, écrivait un critique en 1784, sera plus connu de la postérité un peu éloignée à raison de la célébrité de ses amis et de ses partisans, que par les ouvrages sortis de sa plume». Qui lit encore, demandait un critique de 1913, ses «cochonneries» et ses baroques hérésies» ? Il fut lu pourtant : les pages de ce livre sont l'histoire de cette lecture.
