Souffrance au travail dans le service public
par Christelle Mazza
Sortir du silence - Entrer en résistance
Crédits & contributions
- ÉditeurPUITS FLEURI
- Parution29 janvier 2026
- CollectionPUITS FLEURI
Prix TTC
A la faveur de chaque campagne électorale revient systématiquement, dans l’espace public, la question du nombre de fonctionnaires.. Cette propagande masque pourtant une réalité invisibilisée : les fonctionnaires sont impactés par une violence endogène profonde. Les ressources humaines publiques sont régies par un droit unilatéral laissant une place quasi inexistante au dialogue social : il faut obéir et se taire selon des codes et une légistique bureaucratique empruntant au champ militaire. Tout individu peut être sacrifié sur l’autel de « l’intérêt général », sous l’emprise de la fonction. La gestion des besoins de la nation par un état-major de technocrates et de cabinets de conseil déconnectés du travail réel contribue directement à la fragilisation de notre État de droit et à la hausse spectaculaire de la violence exogène. Les atteintes à la probité sont exponentielles et banalisées. Les droits fondamentaux, dont la santé au travail, sont perçus comme des obstacles au rendement ou des entraves, toute forme de dissidence comme un danger structurel. Le contrôle de légalité s’est progressivement transformé en instrument de coercition et de décontextualisation, caractérisant un champ biopolitique et biojuridique de conduite des services publics et donc, de la nation. La nature nous enseigne pourtant qu’il existe d’autres voies que l’économie de survie et l’urgence permanente. Les fonctionnaires doivent rester les garants de nos pratiques démocratiques et s’émanciper de toute forme de servitude illibérale. Le droit doit redevenir un instrument d’émancipation. Il y a urgence : nous sommes tous concernés.
