De la décoration par les ombres

par Laura Trazic

Traduction de méthodes picturales dans l'architecture française des 18e et 19e siècles

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Dans la tradition vitruvienne, l'ornement se divise entre celui qui relève des ordres et celui qui échappe à toute règle précise. Si Vitruve et Alberti livrent quelques indications sur le relief des premiers, celui des seconds demeure indéterminé, laissant place à la licentia. Celle-ci ouvre un espace de liberté, mais aussi de dérive, que le « bon goût » du XVIIIe siècle français ne parvient pas pleinement à contenir. La thèse montre que, pour justifier le relief des ornements, la discipline en vient à considérer les ombres qu'ils projettent sur la façade. Cette attention à l'ombre n'est pas immédiate : elle émerge dans un contexte où la peinture constitue une référence majeure. Le pittoresque s'impose alors comme principe régulateur, permettant de contenir les excès ornementaux. L'ombre, phénomène naturel, est élevée au rang d'attribut architectural à travers des méthodes empruntées au clair-obscur, rendues opératoires par leur traduction graphique et sémantique. L'analogie entre la composition picturale et celle des façades ne reste pas théorique : elle vise une mise en oeuvre concrète, avec les contraintes propres à une discipline qui se déploie dans l'espace et dans la durée.