Un émigré devenu millionnaire
Florian Grosjean, un Suisse à New York au XIXe siècle
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« In Ashes », titre The Eagle, le journal de Brooklyn, dans son édition du lundi soir, 21 février 1876. Des cendres, c'est tout ce qu'il reste de l'usine d'ustensiles pour la cuisine et le ménage que Florian Grosjean vient d'agrandir et de moderniser. L'émigré du Jura bernois est abattu et découragé. Mais c'est sans compter la résilience qui est la sienne lorsqu'il est confronté à des situations tragiques au cours de sa vie. Esprit curieux et audacieux, inventif et pragmatique, il intègre les méthodes de production et de gestion à l'américaine, s'occupe du bien-être de ses ouvriers et n'hésite pas à faire du lobbying à Washington pour défendre les intérêts de son entreprise en matière de droits de douane. Florian Grosjean fait fortune. À la fin du xixe siècle, il est le leader du marché américain pour les produits qu'il fabrique, ainsi que l'employeur le plus important aux États-Unis avec 2100 ouvriers. Jouissant d'une grande estime auprès de ses concitoyens, il est considéré outre-Atlantique comme la personnification du self-man-made. Malgré sa brillante réussite en Amérique, il est resté inconnu en Suisse. Au début du XXIe siècle, la découverte d'un article le concernant dans la presse de sa région d'origine permettra de remonter le fil de son histoire.
