L'histoire de la neutralité suisse

par Marco Jorio

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Depuis l'agression brutale de la Russie contre l'Ukraine en février 2022, la neutralité suisse est à nouveau sur toutes les lèvres. Pendant des décennies, elle n'était plus un sujet de discussion. Après la fin de la guerre froide et l'effondrement de l'Union soviétique vers 1990, l'euphorie de la paix régnait. Pour comprendre comment la Suisse, avec la neutralité qu'elle pratique aujourd'hui, s'est retrouvée dans une situation difficile en matière de politique étrangère, il faut jeter un regard sur le passé. Dans les dix chapitres historiques, cet ouvrage montre comment la Confédération s'est orientée vers une neutralité permanente pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648) pour des raisons de politique intérieure et extérieure et comment elle l'a retrouvée sous une nouvelle forme et reconnue par le droit international après la « période française » (1798-1813). Certains mythes de la neutralité sont réfutés, comme le prétendu rôle de Nicolas de Flüe en tant que défenseur de la neutralité, la bataille de Marignan (1515) en tant que tournant vers la neutralité ou la légende selon laquelle la neutralité aurait été imposée à la Suisse lors du Congrès de Vienne en 1815. La gestion et le rôle de la neutralité pendant les deux guerres mondiales, la « neutralité différentielle » de la Société des Nations et de l'entre-deux-guerres et la politique de neutralité exagérée, voire craintive de la guerre froide sont décrits en détail. Enfin, la neutralité après 1990 et après le déclenchement de la guerre d'Ukraine est abordée. Marco Jorio défend le maintien de la neutralité. Il plaide toutefois pour une nouvelle conception de la neutralité qui se fonde en premier lieu sur la Charte de l'ONU et sur les nombreuses conventions orientées sur les droits de l'homme signées par la Suisse, et non sur la Convention de La Haye devenue obsolète. La neutralité doit être libérée de son exaltation mythique et redevenir un instrument de politique étrangère, dont font également partie la coopération en matière de politique de sécurité avec les voisins démocratiques et respectueux de l'État de droit, l'UE et l'OTAN.