LA FILLE DE SEL
par Sonia Zoran
Crédits & contributions
- ÉditeurAIRE
- Parution12 février 2026
Prix TTC
La Fille de sel paraît être, d’abord, une chronique amusée sur les habitants d’Otok, une île de l’Adriatique que la narratrice visite. On découvre à travers son regard, comme dans un conte, leur quotidien et leur humour, les gestes et les pratiques qui perdurent sur l’île, les exils et les langues qui s’y mélangent, les particularités de la vie insulaire et les vestiges du communisme qui s’y achoppent. Mais au-delà de cette observation quasi documentaire, le séjour sur l’île est aussi exploration de soi, questionnement identitaire et récit de filiation. Les vagues qui battent les berges d’Otok charrient les souvenirs de la narratrice et semblent scander le nom de son père mourant. Celui-ci, immigré d’ex-Yougoslavie au caractère lunatique et au mal-être palpable, a subi la guerre sur sa terre d’origine, puis le racisme ordinaire de son pays d’accueil ; étranger où qu’il soit, il portait la croix des apatrides, le fardeau de ceux qu’une altérité fondamentale accable. Sonia Zoran investit dans La Fille de sel, son premier roman, ce flottement identitaire qui a été son héritage, pour composer un récit d’une grande poésie. À la rencontre de l’Histoire, des langages, des paysages mais surtout des autres, elle accède au sentiment océanique qu’elle poursuit depuis l’enfance – et sait le transmettre à qui la lit.
