La tragédie de la philosophie
par Serge Boulgakov
La philosophie et le dogme
Crédits & contributions
- ÉditeurPAROLE SILENCE
- Parution02 avril 2026
- CollectionSagesse et Culture
Prix TTC
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Traduction et notes par Anastasia Skachilova - Préface par Antoine Arjakovsky - Postface par Jean-Marc Ferry Dans La Tragédie de la philosophie Boulgakov commence son histoire des hérésies philosophiques en montrant que la raison conceptuelle est appelée à faire preuve d’humilité si elle souhaite dévoiler la vérité et donner accès au réel. En effet tout monisme logique, prétendant à la philosophie absolue, est promis à l’effondrement et ne peut, en conséquence, que générer scepticisme et relativisme. Contre tout rationalisme dogmatique, la pensée critique de Boulgakov montre d’abord que la personne est inobjectivable et absolue. Mais elle ne peut prétendre à la domination d’autrui, comme il ressort de la pensée de Fichte, puisque le Toi ne se limite pas à être un non Je. Boulgakov explique ensuite que tout objet de connaissance tend à s’ériger en raison absolue et égalisatrice comme il ressort de la philosophie panlogiste de Hegel. Enfin le penseur russe rappelle que tout être dispose également de sa propre antinomie. Car il pose l’existence mais n’a ni conscience de soi ni de sa forme conceptuelle propre. C’est ce que refusent les systèmes de la substantialité, les monismes naturalistes comme chez les Présocratiques, et les panthéismes comme chez Spinoza, Leibniz ou Schelling. Pour Boulgakov seule la conscience de soi, qui repose sur une proposition formée d’un sujet, d’un prédicat et d’une copule, permet de mettre à jour « l’esprit comme une proposition vivante se réalisant sans cesse ». C’est pourquoi il faut distinguer entre l’hypostase, ou conscience de soi, et l’hypostasie, ou capacité de la substance à aimer, à participer à la vie. L’esprit humain est un sujet qui se révèle à lui-même dans l’attribut (concept ou altérité) grâce aux noces accomplies au sein du verbe. Dans un jugement entre le sujet et l’attribut, la copule définit leur être personnel hypostatique. Par la même, elle réalise l’image tri-hypostatique de l’être. En un sens analogique, Boulgakov montre dans sa trilogie que Dieu s’auto-révèle à Lui-même comme Père, Fils et Esprit Saint, par les épousailles accomplies au sein de la Sagesse divino-humaine qui forme sa corporéité propre. Cette découverte ne quittera plus le père Serge Boulgakov, qui toute sa vie travaillera à approfondir sa philosophie de la ternarité du jugement par une théologie de la Sagesse trinitaire. Dans ses Capita de Trinitate, parues en 1928 et 1930 il ajoutait : « Ce qui se révèle (le substantif) comporte un mot (le prédicat) qui est une expression de son propre être (la copule). Le Silence, le Verbe, la Vie : Le Père, le Fils, l’Esprit saint ». AA
