Wallis et Futuna : Espaces et temps recomposés
par Jean-Claude Roux
Crédits & contributions
- ÉditeurPU BORDEAUX
- Parution06 novembre 1995
- CollectionIles et archipels
Prix TTC
Au cœur du Pacifique central, deux têtes d'épingles insulaires sont à peine détectables, Wallis (ou Uvéa) et Futuna, 220 km2 au total et 20 000 habitants aujourd'hui. Au 19 e siècle, les deux îles servent d'escales mineures pour l'aiguade et le recrutement de marins ; après 1860, le cocotier s'impose, produit roi du Pacifique Sud. Les compétitions apparaissent, religieuses car opposant teachers protestants et papistes français ; géopolitiques avec le traditionnel antagonisme colonial franco-britannique, mais compliqué par l'arrivée de concurrents allemands et américains. Grâce à ses missions maristes, la France y installe, à titre de précaution, son protectorat en 1888. La fin de l'ère prospère du cocotier place, à partir de 1936, les îles face au problème de leur survie future. Implicitement le seul choix possible se fait : l'intégration à la prospère Nouvelle-Calédonie et la prise en charge sur le budget national. À partir de 1960, Wallis et Futuna s'arriment à Nouméa ; une forte migration s'y développe, s'insère lentement à la vie urbaine et aux activités tertiaires et industrielles. En 1990, les Wallisiens et Futuniens sont plus nombreux en Nouvelle-Calédonie que dans l'archipel d'origine. Le poids électoral qu'ils prennent alors dans le contexte de la revendication indépendantiste canaque devient déterminant. Ce modèle wallisien-futunien est déclinable à de nombreuses îles du Pacifique Sud, partageant les mêmes problématiques aiguës : accumulation, surpopulation, équilibre écologique menacé, remise en cause de fortes migrations greffées conjoncturellement sur des milieux en crise.
