Domestiques et Fournisseurs de l'Aristocratie en Berry au XVIIIe siècle

par NICOLE RAUDET-OVAERE

Crédits & contributions

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  • ÉditeurDU CGH-B
  • Parution01 février 2026

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Après avoir étudié le Livre de comptes de Marie-Magdeleine de Champgrand, aristocrate propriétaire du château de Jussy-Champagne en Berry au XVIIIe siècle, il paraissait évident d’analyser, en miroir, le Livre d’embauche des domestiques et les comptes des artisans et commerçants qui ont servi cette famille durant un siècle. Les domestiques, tous très jeunes, issus en majorité de la campagne, souvent assimilés aux groupes dangereux, étaient très contrôlés par la société, malgré leur mobilité. La cohabitation des deux groupes extrêmes de la société, domestiques et aristocrates, a créé un choc de culture, déterminant des évolutions inattendues et durables dans les esprits et la vie courante, créant parfois des liens cordiaux. Certains acceptaient l’acculturation et la soumission proposées par leurs maîtres en abdiquant leur liberté, parfois pour une vie entière et d’autres refusaient un quotidien fatigant et monotone. Quelques-uns arrivaient à s’extraire de leur condition initiale comme le prouve l’exceptionnelle réussite de Catherine Guerre, femme de chambre devenue intendante dans un monde d’hommes, qui termina sa vie en propriétaire rentière. Un siècle après Le Bourgeois Gentilhomme, les domestiques se sont approprié avec leurs modestes acomptes, le vestiaire luxueux de leurs maîtres, marqueur de l’aristocratie, devenant le vecteur de la mode pour tous, d’un hédonisme général en découvrant la notion du goût, transportant ces nouveautés à la campagne. Les quelques comptes notés avec certains marchands permettent d’éclairer le commerce local à Bourges et leurs rapports avec l’aristocratie qui se sont modifiés au fil du siècle. Dans un monde aristocratique immobile, domestiques et commerçants ont tous participé, à leur niveau, au grand mouvement de basculement général de la fin du siècle.