Tout ou rien : De la conquête à l'insurrection de l'Algérie (1830-1954)
par Benjamin PERET
Crédits & contributions
- ÉditeurACRATIE
- Parution12 mai 2026
Prix TTC
Les Oradours de la conquête Sous tous les cieux, la colonisation a eu pour première conséquence la spoliation, l’asservissement et le massacre des colonisés. A cet égard, la conquête de l’Algérie peut servir d’étalon pour toutes les entreprises de cet ordre . Si les manuels scolaires indiquent complaisamment le motif de l’intervention française à Alger, en 1830, ils se gardent bien de rappeler que le coup d’éventail du dey répondait à un méprisant « mon maître ne descend pas jusqu’à répondre à un homme tel que toi », du consul de France. De toutes façons le débarquement français survenant trois ans après cet incident démontre clairement que le gouvernement de Charles X, s’emparant d’un prétexte tardif, obéissait à des mobiles plus puissants bien qu’inavoués et inavouables. Le trône de Charles X chancelait dangereusement et cette opération militaire visait à relever à l’extérieur un prestige déclinant rapidement à l’intérieur, si déclinant que que la réussite du coup d’Alger ne devait pas sauver la monarchie. Mais, « ce n’est pas pour un coup de d’éventail qu’on dépense cent millions et qu’on expose quarante mille hommes » (Metternich), non ! Charles X avoue : « Pour prendre Alger, je n’ai considéré que la dignité de la France : pour le garder, je ne consulterai que son intérêt ». En fait, la dignité, ici, ne se drape que de l’intérêt lz plus sordide. A peine les troupes françaises étaient-elles débarquées que le pillage commençait par un vol honteux.
