Les Hommes sans Épaules n°61/62 : Dossiers Alain Simon poète insulaire / La poésie palestinienne
Crédits & contributions
- ÉditeurSANS EPAULES
- Parution17 mars 2026
Prix TTC
Ce numéro s’ouvre sur un éditorial de René Depestre, auquel est rendu un hommage à l’occasion du centenaire de sa naissance, « Une moitié d’île dans la grande île de l’univers ». Outre les deux Porteurs de Feu, Claude de Burine et Yves Martin, les poètes de ce numéro, regroupés autour de René Depestre, sont essentiellement des poètes insulaires venant des quatre coins du monde : Édouard J. Maunick (Île Maurice), Suzanne Césaire (Martinique), Chairil Anwar (Indonésie), Chantal Spitz (Tahiti), Catherine Boudet (La Réunion), James Noël (Haïti), puis, Mariano Rolando Andrade, Abdellatif Laâbi, Hyam Yared, Pierre Grouix, Charles Garatynski, Nicolas Jaen Le premier dossier de ce numéro des Hommes sans Épaules rend, ensuite, hommage, quinze ans après sa disparition, à l’âge de soixante-quatre ans, à un poète insulaire, qui est une légende (méconnue, mais réelle), à un mythe, à un poète qui ne s’est jamais compromis au regard de ses valeurs et du mode de vie qu’il avait choisi. Un homme qui a toujours privilégié la vie, le vivre, l’amitié et l’amour, avant d’écrire et de peindre, et c’est, sans doute, ce qui le rend si personnel, à part : Je porte à la saignée du coude une marque par le feu – Qui prouve que je vous appartiens et que vous m’appartenez. La nuit des godeurs (1990) est un livre charnière qui clôture une période de sa vie et de son œuvre, couvrant la période (« continentale » ?), allant de 1971 à 1989, avant le grand saut, en 1989, vers la Polynésie française, où le poète va se doubler d’un peintre, prolongement et dépassement du poème. Puis vient la période tahitienne, durant laquelle Alain peint ses plus beaux tableaux, s’affirment encore davantage, y compris dans les excès, et en poésie, avant que l’œuvre n’atteigne sa plus haute, et plus profonde, à la fois, cime, avec les poèmes de Dans le bleu détruit des fenêtres (2010), que nous rééditons intégralement dans ce numéro : Je mâcherai sans colère jusqu’à l’aube et son climat. Le deuxième dossier de ce numéro est consacré à la poésie palestinienne contemporaine, qui a été représentée par quelques-uns de ses plus beaux et meilleurs fleurons, lors du 42èmeMarché de la poésie, à Paris, du 18 au 22 juin 2025, avec la présence de Najwan Darwish, Marwan Makhoul, Jumana Mustafa, Tarik Hamdan, Anas Alaili, Hind Joudeh, Raed Wahach, Nida Younis, Maya Abu Al-Hayyat et Samer Abu Hawwash. Ghassan Zaqtane et Asmaa Azayzeh. La poésie palestinienne contemporaine, qui peut l’ignorer ?, est issue d’une terre longtemps reléguée au rang de petite province d’empires moyen-orientaux pluriethniques et pluriculturels, avant que l’histoire contemporaine annonce une rupture douloureuse, en 1947. La poésie palestinienne d’aujourd’hui a le visage anonyme ou plutôt mille visages de femmes. Elle est éclatée, à l’image de son peuple et de sa patrie. Elle s’écrit en Palestine dans l’exil intérieur comme à l’étranger, dans l’exil extérieur, par-delà les murs des préjugés et les checkpoints. Christophe DAUPH
