Les suites saint Martin

par Gérard Breuil, Olivier Véron

Variations sur la feuille d’Acanthe

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L'amour du beau puise sa force dans une valeur étrangère à l'esthétique : le courage, a écrit Rachel Bespaloff. Aujourd'hui la peinture juive dans son inspiration retrouve l'interdit de circonscrire le divin qui extirpa Israël des civilisations idolâtres. Léon Bloy ébloui par les merveilles de l'art de l'Enluminure au Moyen Âge, diffusion photogénique de Byzance à travers l'âme rêveuse et mélancolique des Occidentaux, miroir à contre jour, et miraculeusement adouci par une enfantine foi, de ses mosaïques, de ses pierreries, de ses palais, de ses dômes peints et de son ciel - nous avait tôt vu entrer dans l'âge du Paraclet, le défenseur invisible, le compagnon secret des solitaires, des audacieux : Lorsque Byzance devint l'auge à cochons des Musulmans, le prestige qui l'avait fait naître s'évanouit et les rêveurs au désespoir tombèrent dans l'encre indélébile de Gutenberg ou dans l'huile épaisse des renaissants. Il y a quelque chose de ce rêve englouti dans la mélancolie de Gérard Breuil, car ses encres de Chine, comme les caractères d'une écriture encore indéchiffrée, sans tricher avec les couleurs perdues romanes ou byzantines enluminent néanmoins, font entrer la lumière dans les ombres et les noirs de ces courbes brisées qui nous hantent. Le livre se présente en fait comme une pochette contenant une soixantaine de fiches reproduisant des travaux à l'encre de Chine de Gérard Breuil au même format. Un texte de Dom Angelico Surchamp (fondateur des éditions Zodiaque) et un texte de Olivier Véron les accompagnent. AUTEUR Né en 1956. Il commence au théâtre avec Raymond Gerbal, Georges Lavaudant et Diden Berrandan, avant de se consacrer entièrement à la peinture (une quarantaine d'expositions). D'abord empreint de violence (l'homme, la société industrielle, le mouvement...), son travail se dévoue à présent au silence, à la musicalité, et aux lieux. Depuis 1999, il n'expose presque plus que dans et pour des bâtiments romans, notamment à l'Abbaye Saint-Philibert de Tournus (2000, 2002, 2003) et au Couvent des Cordeliers de Charlieu (une centaine d'œuvres originales exposées en 2005). Il a réalisé un travail d'incrustation monumental à la primatiale Saint-Jean (baptiste) de Lyon (mai-octobre 2007, à la demande du service des affaires culturelles du diocèse), pour prolonger de quelques millimètres le rêve des batisseurs.