À pas feutrés
Crédits & contributions
- ÉditeurUNICITE
- Parution28 mars 2012
Prix TTC
Il faut choisir un pseudo. Elle pense alors à Lydienne, cette va-riante du jaspe noir. Lydienne commence comme Léa par un L. Elle télécharge une photo qu’un copain minéralogiste a prise dans son atelier. « Tu me fais penser à la chanson de Léo Ferré, avec tes petits seins… » Elle n’a qu’un seul copain, ce jeune homme. Elle pose devant les vitrines du magasin. « Ils vont croire que tu as une sacrée collection ! » Ils rient. Leur connivence est totale. « Tu sais que les hommes ne pensent qu’à ça », ajoute-t-il . Elle n’a pas fait l’amour depuis deux ans. Elle se promet une chose : aller à chaque rendez-vous parée d’un bijou talisman de Léonie. Elle en affectionne les couleurs chatoyantes, les perles et les strass qui entourent les médaillons, les muses, les tis-sus japonais, la légèreté, l’éclat. Taffetas, soin, satin rebrodés de ro-cailles. Elle en possède six. Elle n’ira pas au-delà de six rencontres. Apaisée par cette décision qui lui semble raisonnable, elle avertit la muse amie de son inscription. Nadine Grandeau vit en région parisienne. Illustration couverture : Démonette et Léa, février 2012
