Mouny Berrah, Deux Ecrans

par BERRAH, Mouny, Khene, Rym

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Prix TTC

16,00
Pas encore paru

Sociologue de formation, la cinéphilie de Mouny Berrah est indissociable de sa fréquentation assidue de la Cinémathèque algérienne dès les années 1960. Son nom est lié aux Deux écrans, revue algérienne de cinéma et de télévision (1978-1986) dont elle était corédactrice en chef avec Abdou B. En prêtant attention aussi bien aux sujets traités, aux contextes de production, aux pratiques sociales, qu’à la forme choisie par les cinéastes, elle suivait de près et analysait les mutations en cours dans le cinéma. La particularité de son approche de critique réside dans cette attention à ne pas s’enfermer dans une cinéphilie « élitiste ». Dans ses écrits, elle va donner une place particulière aux technicien.ne.s, comme la scénographe Liliane el Hachemi ou encore le monteur Rachid Benallal, le chef opérateur Youcet Sarhaoui, l’ingénieur du son Kamel Mekesser. Elle ouvre ses rubriques aux autres arts (musique symphonique, théâtre, arts visuels, littérature, etc), ce qui lui permet d’aborder le cinéma autrement, comme pour ce brillant entretien croisé sur l’image coloniale entre un calligraphe et un cinéaste. Dans ses entretiens, ses articles tout comme ses notes d’humeur, elle défend une vision féministe du cinéma, comme en témoigne l’émouvant entretien avec l’actrice libanaise Yasmine Khlat (actrice de Nahla, film que Mouny Berrah a elle-même co-écrit avec Farouk Beloufa) ou la puissance de ses écrits sur le cinéma de Assia Djebar. Et c’est en sociologue qu’elle mène de nombreuses analyses sur la télévision, de Dallas aux émissions algériennes. En plus de ses articles aux Deux écrans, ce recueil de textes propose aussi un aperçu de ses écrits sur la culture et la politique parus dans d’autres périodiques algériens, ainsi que des textes inédits, écrits aux États-Unis. Une autre revue a été particulièrement importante dans la carrière de Mouny Berrah : Cinemaction créé par Guy Hennebelle et Monique Martineau, en France. Elle contribuera à différents numéros sur le cinéma au féminin, le cinéma maghrébin, ou sur le cinéma d’avant-garde, entre autres. Son style d’écriture direct, enjoué et précis témoigne aussi de son intérêt sincère et indéniable pour le public. Elle partageait régulièrement avec les lecteurs les recensions des livres et revues reçus à la rédaction, de l’étranger. Et elle animait une rubrique géniale intitulée « carnet mouchard », où durant une semaine elle regardait la télévision avec un téléspectateur lambda et rendait compte de leurs échanges. La dimension « populaire » du travail de Mouny Berrah est importante. Elle nous montre ce qu’a été l’Algérie à un instant T : les programmes qui réunissaient les familles algériennes derrière leurs écrans, les polémiques de l’époque, les débats qui animaient la société, la place de la culture dans les revues et journaux … Les souvenirs d’une génération dont l’enthousiasme et l’énergie est palpable dans chaque texte et qu’il est bon de se rappeler.