l'art des signatures, une médecine magique à la Renaissance

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Durant les XVIe et XVIIe siècles, médecins, botanistes, astrologues, ont exercé un savoir aujourd’hui oublié, censé guérir toutes les maladies humaines : l’art des signatures. Leur doctrine affirme que les parties du corps se soignent à l’aide des végétaux qui leur ressemblent — les noix, qui rappellent le cerveau, guérissent les maux de tête ; les herbes aux tiges creuses, qui évoquent la trachée, soulagent les voies respiratoires. Loin de se limiter à des fins curatives, cette médecine constitue également un véritable système pour expliquer le monde. En déposant ces marques sur les plantes, en les gravant aussi sur le front des humains, jusqu’au creux de leurs paumes, dans les contours des pierres, les pelages des bêtes, Dieu rend lisible un grand réseau d’accords et de correspondances, livrant les secrets cachés dans l’épaisseur des choses. En suivant la piste de Sebastian Walther (fl. 1600-1650) — érudit allemand qui, à l’aide des signatures, tente de guérir sa fille d’un mal mystérieux —, ce récit hybride propose une plongée dans la réalité profondément dépaysante, énigmatique, saturée de magie, des savants de la Renaissance. Restituant les tâtonnements, les efforts empiriques qui ont longtemps guidé la science, Guillaume Bunel remet en question l’idée d’une conquête méthodique du savoir scientifique à l’Époque moderne.