Crédits & contributions
- ÉditeurSNOECK
- Parution12 mai 2026
Prix TTC
Les tableaux de Jan Holthoff des années 2024 et 2025 sont inconditionnels, c’est ce qui fait leur force et leur puissance. Il a étudié auprès de Gerhard Merz, l’un des plus éminents représentants de l’art post-minimaliste, et de Helmut Federle, un peintre qui pense la peinture radicalement à partir de l’énergétique et de la retenue formelle, avant de suivre la master class de Herbert Brandl en 2008. Les inspirations qu’il a recueillies auprès de ces trois maîtres lui ont permis de se fixer un objectif propre : « renégocier la peinture ». « Ma peinture est gestuelle, abstraite et processuelle, sa complexité varie », explique-t-il. Et c’est une formulation qui ne manque pas de précision car en arpentant les toiles, comme on le fait dans l’exposition à la Kulturkirche de Duisburg d’où sont tirées les photos des installations dans l’espace, on voit qu’elles ne forment aucune série, celles de 2024 sont au contraire très réduites, presque contemplatives dans leur composition, occupant l’espace en combinant la peinture par champs de couleur et l’expressivité. Un système avec lequel Jan Holthoff rompt en 2025 pour travailler moins avec la transparence et miser désormais sur les surfaces opaques isolées qui résistent au chaos intérieur comme des panneaux stop. C’est de la très bonne peinture, avec pour thème une dialectique de l’impressivité, de la variabilité et de sa possible disparition, une disparition à laquelle assiste aujourd’hui la quasi-totalité de l’humanité sur ses petits écrans.
