LES CHEVILLES TORDUES - SIQAN

par HAFANI, ZAYNAB

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À Londres, un homme d'affaires saoudien se dirige vers le commissariat pour signaler la disparition de sa fille Sara, âgée de 23 ans. C'est une fille sans problèmes qui respecte son père, dit l'homme. Il gardera le silence sur la violente scène qui l'a opposé à sa fille parce qu'elle avait découché. Quand elle lui a déclaré qu'elle était libre et majeure, il a perdu son sang froid et l'a rouée de coups. Sara est saoudienne, mais elle est née à Londres et elle y a fait ses études.Moussaed, le père, connaît bien le mode de vie occidental. Il a débarqué à Londres à 19 ans et y a obtenu un doctorat en économie. À 30 ans, il a décidé de s'y installer. Mais il n'a pas coupé les ponts avec l'Arabie saoudite ; chaque année, il ne manque pas d'y passer l'été. Son pays et ses mœurs le possèdent. Il aime sa femme, elle lui est dévouée et ne lui tient pas tête. Selon lui, Sara a porté atteinte à son honneur, il l'aime énormément mais il préférerait qu'elle meure si elle ne rentrait pas.« La vraie patrie, écrit Zeynab Hafni, est celle qui germe dans notre cœur et que nous aimons sans qu'elle nous force à l'aimer. » Ailleurs dans son roman, elle cite Amélie Nothomb, qui dit de son pays natal : « De tous les pays où j'ai vécu, la Belgique est celui que j'ai le moins compris. »Dans Siqâne moultawiya (Les Chevilles tordues), Sara, son père, et puis également Myriam l'Anglaise, Ziad le Palestinien, Adel l'Irakien…, tous ces personnages incarnent au travers de situations présentes ou remémorées, et de dialogues convaincants, la difficulté de l'appartenance à une patrie où le moi ne se reconnaît pas ou avec laquelle il se confond.