ATTILA, LE DERNIER DES AMANTS
par SARDAR, Abdallah
Crédits & contributions
- ÉditeurHACHETTE ANTOIN
- Parution07 décembre 2018
Prix TTC
Alors que dans ma tête trotte sans arrêt ce dicton, Une âme ne sait pas sur quelle terre elle mourra , je me perds dans lénigme du petit lopin où Abou Saad serait enterré. Où se trouve ce bout de terre ? Est-il surmonté dune stèle élevée comme le souhaite chacun ou bien Abou Saad ny a même pas eu droit ? Et puis quelle valeur toutes ces choses auraient-elles encore face à la réplique dAbou Saad adressée ce jour-là à Attila avec affection et sur un ton badin ponctué dun petit rire : Est-ce que cest important là où lon meurt ? Nous nabandonnons pas nos maisons, nos parents et nos bien-aimées pour aller à la recherche dun carré de terre où nous serons ensevelis Laisse tomber toutes ces préoccupations dau-delà, et dis-moi comment tu pries ? Est-ce à la manière turkmèno-chiite de ton père ou à celle kurdo-sunnite de ta mère ? ,Cétait la première fois quAttila me paraissait embarrassé à ce point. Après quelque hésitation, il a dit dun ton confus qui voulait paraître ferme : Je ne sais pas, je nai jamais vu mon père prier et je nai jamais cherché à savoir comment ma mère le faisait parce que jétais absorbé dans les plaisirs de ce monde. Mais maintenant quAllah ma montré le chemin et que le cheikh a été témoin de ma repentance, je suis devenu, loué soit Allah, un musulman qui fait ses prières comme me la appris limam cheikh Kakah Hama Al-Berzangi et Avec un sourire chicaneur, Abou Saad la interrompu : Limam cheikh Kakah Hama Al-Berzangi ou bien la vénérable cheikha Kakah Hama Al-Berzangi ? Nous avons été tous les trois pris dun fou rire franc et joyeux qui transcendait toutes les lignes rouges idéologiques tracées par le sang et la poudre.
