ATTILA, LE DERNIER DES AMANTS

par SARDAR, Abdallah

Crédits & contributions

EAN

Prix TTC

16,88
Sur commande

Alors que dans ma tête trotte sans arrêt ce dicton, Une âme ne sait pas sur quelle terre elle mourra , je me perds dans l’énigme du petit lopin où Abou Saad serait enterré. Où se trouve ce bout de terre ? Est-il surmonté d’une stèle élevée comme le souhaite chacun ou bien Abou Saad n’y a même pas eu droit ? Et puis quelle valeur toutes ces choses auraient-elles encore face à la réplique d’Abou Saad adressée ce jour-là à Attila avec affection et sur un ton badin ponctué d’un petit rire : Est-ce que c’est important là où l’on meurt ? Nous n’abandonnons pas nos maisons, nos parents et nos bien-aimées pour aller à la recherche d’un carré de terre où nous serons ensevelis… Laisse tomber toutes ces préoccupations d’au-delà, et dis-moi comment tu pries ? Est-ce à la manière turkmèno-chiite de ton père ou à celle kurdo-sunnite de ta mère ? ,C’était la première fois qu’Attila me paraissait embarrassé à ce point. Après quelque hésitation, il a dit d’un ton confus qui voulait paraître ferme : Je ne sais pas, je n’ai jamais vu mon père prier et je n’ai jamais cherché à savoir comment ma mère le faisait parce que j’étais absorbé dans les plaisirs de ce monde. Mais maintenant qu’Allah m’a montré le chemin et que le cheikh a été témoin de ma repentance, je suis devenu, loué soit Allah, un musulman qui fait ses prières comme me l’a appris l’imam cheikh Kakah Hama Al-Berzangi et… Avec un sourire chicaneur, Abou Saad l’a interrompu : L’imam cheikh Kakah Hama Al-Berzangi ou bien… la vénérable cheikha Kakah Hama Al-Berzangi ? Nous avons été tous les trois pris d’un fou rire franc et joyeux qui transcendait toutes les lignes rouges idéologiques tracées par le sang et la poudre.