Burn Index
par Harri Pälviranta
Crédits & contributions
- ÉditeurKULT BOOKS
- Parution13 octobre 2026
Prix TTC
Avec le changement climatique, les incendies de forêt deviennent plus fréquents et plus intenses. Ils se propagent plus vite et durent plus longtemps. Les incendies qui ont ravagé le sud de l’Europe en 2023 illustrent parfaitement cette évolution : environ quatorze pour cent de la superficie de l’île de Rhodes a brûlé en une seule semaine, tandis que les incendies du sud de l’Italie ont duré plusieurs mois. En tant qu’artiste engagé socialement, ces vastes et violents incendies de forêt m’intéressent pour plusieurs raisons. D’abord, je suis visuellement attiré par les traces produites par la combustion et la chaleur. Ensuite, la traduction ou l’adaptation d’une marque de brûlure en représentation photographique m’apparaît fascinante, car elle offre également une plateforme pour des considérations théoriques et une réévaluation de l’idée de document. Enfin, je suis préoccupé par l’impact des incendies de forêt sur les conditions climatiques mondiales et par la part de responsabilité humaine dans leur expansion. Plutôt que de représenter les incendies eux-mêmes, je me concentre sur les empreintes, les traces, les vestiges. J’ai voyagé en Grèce, en Espagne, en Australie, au Portugal, aux États-Unis (Los Angeles) et en Corée du Sud pour témoigner des effets matériels des grands incendies de forêt et documenter leurs empreintes multiformes. Je vois les forêts et les buissons brûlés comme des signes indiciels des incendies. Plus qu’une question ou une réponse, mon travail consiste à penser avec les matériaux. J’aborde le sujet avec des méthodes documentaires, dans l’esprit d’une politique élémentaire. L’ensemble de l’oeuvre se compose d’images de paysages et de portraits d’arbres brûlés. J’ai également expérimenté des oeuvres que j’appelle “firegrams” : je dispose des branches d’arbres sur de grandes planches en bois et brûle le fond au noir avec un chalumeau. Ces oeuvres ressemblent à des photogrammes, mais réalisés avec le feu. J’ai aussi frotté les arbres brûlés et leurs branches avec des tissus blancs, produisant ainsi une sorte de dessins au fusain. Je collecte également les cendres des forêts brûlées pour les transformer ensuite en oeuvres d’art.
