La reconnaissance au XIXe siècle

par Emma Barettoni, Valentina Santoro

Histoire d'un concept politique et social

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La plupart des études consacrées à la reconnaissance ont fait de l’idéalisme allemand – et en particulier de Fichte et Hegel – le point d’origine d’une notion appelée à irriguer la philosophie sociale et politique contemporaine. Mais que devient-elle après cette première conceptualisation ? Comment se transforme-t-elle avec l’avènement des sociétés libérales, les promesses d’égalité civique, les nouvelles conflictualités sociales et, avec elles, de nouvelles manières de distribuer la valeur, l’estime et la considération ? Les contributions réunies dans ce volume explorent les différentes configurations de la reconnaissance à la fin du XVIIIᵉ siècle et tout au long du XIXᵉ siècle, en examinant à la fois les héritages et les voies « latérales » de la tradition philosophique hégélienne, et en intégrant pleinement les apports décisifs des sciences sociales naissantes. Du modèle de la reconnaissance mutuelle aux formes de reconnaissance sociale issues des théories de la démocratie et de l’estime, l’ouvrage met au jour la pluralité des usages – normatifs, critiques, sociologiques, éthico-politiques, esthétiques – d’un concept devenu central pour penser la modernité occidentale. Prolongeant et élargissant l’enquête historique ouverte par La reconnaissance avant la reconnaissance, consacrée à l’âge classique et aux Lumières, cet ouvrage s’adresse aussi bien aux spécialistes des auteurs examinés qu’aux étudiant·es et aux chercheur·es souhaitant approfondir les théories contemporaines de la reconnaissance par une généalogie attentive à leurs tensions historiques et à leurs enjeux politiques.