Gen Z. Nouveau cycle des soulèvements populaires ?
Points de vue du Sud
Crédits & contributions
- ÉditeurSYLLEPSE
- Parution03 septembre 2026
- CollectionALTERNATIVE SUD
Prix TTC
Elles n’ont ni chef ni parti. Juste leur portable et leurs cris : « On en a marre ! », « Dégage ! ». Des rues de Katmandou à celles de Lima, en passant par Tana, les jeunesses du Sud s’embrasent. Depuis 2022, des soulèvements en cascade, à la résonance mondiale, ébranlent les pouvoirs jusqu’à, parfois, les renverser. Les griefs sont variables, mais les frustrations communes. La colère des contestataires vise les élites politiques, vieillissantes, corrompues et prédatrices, accusées de piller leur pays, de voler leur avenir et de bafouer leur dignité. Une rage chauffée à blanc par la précarité, les perspectives du chômage ou de l’exil, la faillite des services publics, la répression policière. Autant de revers du capitalisme mondialisé dans le Sud global. Ces jeunes révoltés, que l’on disait passifs ou indifférents, partagent un sentiment d’appartenance générationnelle, façonnée par la culture digitale et nourrie de références pop. Mais la jeunesse n’a rien d’un bloc et l’ambivalence de ces mobilisations – tant par leurs dynamiques que par leurs impacts – pose question. Gen Z : étiquette trop commode, déjà obsolète ? Dit-elle l’incapacité de transformer ces élans populaires en projet de société ? Ou préfigure-t-elle une recomposition des luttes dans un contexte d’inégalités et de défiance politique ? À l’heure des régressions démocratiques et des changements de régime, doit-on y voir d’éphémères révoltes sans lendemain ou l’annonce d’un nouveau cycle de soulèvements populaires dans le Sud ?
