Saccage des monuments et violence de masse
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Quel est le point commun entre une statue de bouddha afghan, une tour du World Trade Center à New York, le siège du gouvernement norvégien à Oslo, le mémorial de la déportation des Arméniens en Syrie, le tétrapyle de Dioclétien à Palmyre, un tombeau yézidi des monts Sinjar, un sanctuaire chiite à Samarra, une église orthodoxe syriaque à Mossoul et la salle du trône au palais assyrien de Nimroud en Irak ? Entre 1993 et 2017, tous furent attaqués à l'explosif et ruinés en partie ou en totalité. Indépendante de faits de guerre, la destruction délibérée des monuments n'est pas un iconoclasme de circonstance ou d'opportunité. Elle plonge au contraire ses racines dans le temps long de l'histoire, les XIXe et XXe siècles en particulier. Elle annonce, accompagne ou perpètre une intention meurtrière, et même génocidaire, contre des populations. La vulnérabilité des sociétés actuelles, le choc instantané des images et le pouvoir planétaire des outils de communication, amplifient sa menace et son impact au-delà du dicible.
