Ordre public, polices et politique (France, XIXe-XXe siècle)
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Qui pourrait encore reléguer la sécurité publique au rang des faits divers ? Depuis au moins un demi-siècle, on sait que ces thématiques irriguent le débat et polarisent l'opinion, devenant même des facteurs significatifs de structuration et de redéfinition des identités partisanes. Le maintien de l'ordre n'est plus considéré comme un simple soubassement pratique de la démocratie ; il en est devenu un sujet de discussion, un point de cristallisation des cultures politiques. L'histoire des polices, longtemps restée en France un terrain difficile à explorer en raison d'une méfiance réciproque entre elles et l'université, trouve dans ce Hors-série une invitation à renouveler les approches en privilégiant la longue durée. Une telle perspective invite à réfléchir à l'évolution au cours de l'époque contemporaine de la notion même d'ordre, terme polysémique tant il a pu être considéré alternativement comme un moyen ou comme un but en soi, se confondant, par exemple, avec un ordre moral. De la Révolution française à la fin du XXe siècle, ce dossier met en lumière à travers les différentes crises de régime qu'il étudie les usages politiques de l'ordre public, entre défense de l'État de droit et instrument de lutte contre des adversaires désignés. Il souligne également la diversité des pratiques, signalant la spécificité parisienne tout en sortant autant que possible de la capitale, et retrace comment les controverses autour des brutalités policières saturent l'espace politique d'hier à aujourd'hui.
