Pleure pas, Ramona
par Jacques Tardieu
Crédits & contributions
- ÉditeurPAR AILLEURS
- Parution02 mai 2015
Prix TTC
C’est au café du Grand Coin que j’ai entendu pour la première fois prononcer ce nom «Ramona». Il revenait de temps à autre dans les conversations, mais fugitivement, au milieu des ragots des joueurs de belote ; quelques bribes comme échappées par inadvertance. Et il y avait des sourires entendus, des hochements de tête. Que voulaient-ils cacher en ma présence ? Le soir, à table, où j’osai demander : «Qui c’est Ramona», ma tante détourna finement la conversation. Quant à mon oncle, fuyant mon regard, il leva les yeux au ciel. Je voyais bien qu’il était embarrassé. Enfin, il articula : «Ramona… mon petit… c’est difficile… il faudra bien un jour qu’on te raconte… mais y a pas de quoi être fier…»
