Everything Flows
Prix TTC
Everything Flows est un hommage au mouvement incessant de l’eau, qui sculpte de véritables récits dans la pierre. Les photographies de Laura Veschi capturent ce flux, faisant ainsi écho au processus créatif du sculpteur Filippo Tincolini. La tradition rencontre l’innovation, les savoir-faire anciens entrent en osmose avec l’art contemporain. Everything flows est un livre de photographies de Laura Veschi dans lequel l’image constitue le cœur narratif et émotionnel de l’œuvre. Guidés par les photographies en noir et blanc de l’autrice, nous explorons le monde du marbre à Carrare, en commençant par les montagnes – les Alpes apuanes – qui, pour Fosco Maraini, orientaliste, écrivain, alpiniste et anthropologue italien, évoquent « la création du monde ». Dans ces lieux, dans ces montagnes, si l’on parle de marbre, on pense immédiatement à l’eau : le marbre s’est en effet formé à partir de l’eau il y a des millions d’années, à partir de dépôts de coquillages et de coraux ; c’est l’eau qui le lisse et le façonne, et l’eau demeure l’élément essentiel dans le travail de cette pierre. L’eau, symbole de mouvement perpétuel, traverse les photographies de Laura Veschi comme une présence subtile et sous-jacente, accompagnant le processus créatif et la transformation de la matière. Cette référence à l’élément est une partie intégrante de la poétique de Veschi. Pour la photographe basée à Carrare, le « son » de l’eau devient la voix même de la photographie, un écho qui suit les processus de création et de transformation du marbre. Structuré comme une symphonie en quatre mouvements, le livre guide le lecteur le long d’un parcours qui va de la montagne à l’atelier, du bloc brut à la forme achevée, restituant la dimension sacrée, physique et temporelle du marbre. Au fil de ce voyage, Laura nous présente le sculpteur Filippo Tincolini, en suivant le flux continu de sa pensée et de son geste, de l’idée originelle à la sculpture achevée. Laura, profonde connaisseuse du monde du marbre, saisit la tension entre ce qui s’est déposé au fil du temps et ce qui est encore en train de se façonner, entre la mémoire de la pierre et l’élan créatif qui la transforme. Ses images ne figent pas le marbre dans une idée statique, mais le révèlent dans son flux, comme si la sculpture elle-même faisait partie d’un processus ininterrompu dans lequel le passé n’est jamais entièrement passé et le futur est déjà en train de naître. L’art, comme le fleuve d’Héraclite, passe et en même temps demeure ; il change de forme, mais ne perd pas son essence. Et ainsi, dans le marbre, dans son travail et dans la photographie qui en raconte l’histoire, tout s’écoule.
